L’œil ne fait pas tout !
Nicolas Claris s’est tellement longtemps posté à côté des
photographes qu’il faisait travailler pour constituer la matière
des brochures qu’il réalisait qu’à certains moments, j’avais
l’impression que le clin de ses yeux faisait le bruit d’un
déclencheur !
En perfectionniste, il a d’abord travaillé à trouver les bons
angles de vue, puis à poster les photographes aux bonnes
heures, puis à étudier l’éclairage des vues intérieures qu’il leur
demandait de photographier. Ensuite, il a méthodiquement
appris à retraiter les photos, à les requalifier, à utiliser le
numérique pour optimiser le travail qu’il recevait.
Et la photo numérique est arrivée.
Et l’évidence aussi.
Devant la frilosité de la plupart des photographes professionnels
à s’équiper de ces nouveaux outils, Nicolas Claris a franchit
le pas : il s’est acheté des dettes et un nouveau métier. Il
a tchatché sur Internet, il a questionné les fabricants, les
revendeurs, les utilisateurs, il a étudié les notices, il a lu et relu
les mises en garde, il a pris le temps de s’équiper en détail. Et
il est sorti faire quelques images. Et comme si un troisième œil
lui était apparu, il était photographe.
Sans tâtonnement, sans esbroufe, sans hésiter, sans peur, sans
vanité, sans le moindre doute, il était photographe.
Avec talent, avec compétence, avec plaisir, avec créativité,
avec sérieux, avec jubilation aussi, il était photographe.
Les perfectionnistes m’épatent ou m’énervent. Avec Nicolas
Claris, j’ai découvert qu’on pouvait même les aimer !
Sur ses photos, on peut lire une vraie concentration sur le
sujet, une réelle volonté de l’embellir, une indiscutable envie
de l’approcher.
On voit dans la netteté, dans la clarté, dans l’équilibre,
un amour immense. On ressent dans l’originalité, dans
l’inattendu, dans les points de vue, un plaisir grandissant.
Mais jamais le travail n’est visible ; c’est toute la force de
ses photos, jamais violentes, toujours vivantes, et d’où émane
cette sérénité des artistes qui savent.
Pourtant je sais qu’il travaille chaque jour davantage pour
améliorer son travail.
Pourtant je l’ai vu triturer sur une photo tellement agrandie
que je ne voyais plus ce qu’elle représentait, une petite
imperfection que lui seul pouvait voir.
Pourtant je sens qu’à chaque reportage qu’il fait, le résultat
s’améliore.
Pourtant c’est un perfectionniste.
Mais un perfectionniste imprévisible, ça change tout !
Bruno Belmont
CNB Lagoon - Wauquiez
Groupe Bénéteau
Le regard de Nicolas Claris sur la plaisance…
Si la photo est un art, elle n’en est pas moins un métier,
surtout lorsque l’on a choisi, comme Nicolas Claris, de fixer
son objectif sur la mer, les bateaux et plus précisément sur le
monde de la plaisance.
Pour l’enfant du quartier du Suquet à Cannes qui a grandi
au contact des pêcheurs et des yachtmen, la fascination de la
voile l’a poussé à devenir skipper professionnel. Cette passion
menée de front avec celle de la photo, l’aura conduit à prendre
le commandement d’une goélette de légende, Lelantina, après
avoir fait une première expérience, il y a aujourd’hui plus de
30 ans, comme assistant-photographe de mode.
Le charter, les convoyages avec des traversées de l’Atlantique
et les régates lui auront permis d’avoir une approche et une
vision très professionnelle derrière son bon vieux Nikkormat
qui ne le quittait pas.
Acteur et témoin de la fantastique évolution du yachting depuis
le début des années 70, Nicolas Claris a choisi en 1993 de
créer sa propre agence, avec la collaboration de son épouse,
Marine, dont le talent pour la réalisation de la maquette et la
mise en page allait lui ouvrir la voie de la réussite...
Ainsi, le photographe de mer qu’il était devenu a accepté
également de scanner des milliers de photos prises par des
confrères pour publier des brochures et autres catalogues.
Avec humilité, Nicolas a su mettre en valeur le travail des
autres pour sans doute bénéficier plus tard d’une expérience
incomparable.
Très au fait des progrès de la technologie, Nicolas et Marine
ont su prendre au bon moment la décision d’abandonner la
bonne vieille pellicule, pour passer au tout numérique.
C’était en 2001 et, depuis ils sont su imposer la qualité de
leur travail. Nicolas a été un des tous premiers photographes
à faire confiance en cette nouvelle technologie qui est
aujourd’hui un outil indispensable au professionnel comme à
l’artiste qu’il est.
Son plus récent reportage, avec son Canon à 12 millions de
pixels qui restera sans doute son meilleur souvenir, a été le
défi entre le CNB 105’ à quille pendulaire Only Now et le Class
J Velsheda au cours des dernières Voiles de Saint-Tropez. Et
dire qu'il travaille maintenant avec un Canon EOS 1Ds Mark II
à 16,7 millions de pixels…
Nicolas Claris, est un remarquable photographe de notre
époque qui met simplement et superbement en valeur le
travail des chantiers navals et de leurs fournisseurs.
Félix Aubry de la Noë
Rédacteur en chef adjoint de Mer & Bateaux