association du coup d'oeil sur l'image.

Qui de l'oeuf ou de la poule?


Accueil - L'association - Agenda - Les Photographicofolies - Le photo club - Liens utiles - Des photographes

Philippe Caumes

son site

Philippe Caumes, photographe.

Lorsque l'on me demande quelle est ma spécialisation, je suis, je pense comme la plupart des photographes, presque incapable de répondre à cette question. Pourquoi ? Tout simplement parce-que tout m'intéresse. Les Hommes et leurs cultures, les paysages, l'industrie, la nature... Bref, la diversité qu'offre notre monde.

Pendant des années, j'ai travaillé dans le milieu du vin, en tant que photographe mais également en tant que dirigeant d'une agence de communication. Le jour où j'ai eu le sentiment de répéter toujours les mêmes choses, les mêmes images, j'ai décidé de prendre mes distances, et d'explorer d'autres univers. Aujourd'hui, trois années se sont écoulées, et c'est avec un réel plaisir que je reviens doucement vers les vignes et les chais, avec un regard renouvelé lui aussi.

Conjointement, c'est grâce au groupe Sanofi-Synthélabo que j'ai réalisé mes premières images en milieu industriel. L'occasion me fut alors donnée de découvrir un ensemble de mondes que j'ignorais complètement. La diversité des Hommes, des activités, des lieux qui composent les tissus industriels suffiraient à eux seuls, à remplir une vie de photographe. C'est toujours avec beaucoup de plaisir, de curiosité et d'excitation que je rentre dans une usine, un laboratoire ou une carrière pour faire des photographies.

Pour compléter ce paragraphe sur ma "non-spécialisation", j'ajouterais que l'architecture et l'urbanisme, les rapports entre les hommes et leurs lieux d'habitation ou d'activités ont également rejoint mes centres d'intérêts photographiques, il y a quelques années ; par un travail autour de villes nouvelles autour de Paris en premier lieu, grâce à un travail centré sur l'architecture vernaculaire en Afrique du Nord, qui s'est ensuite poursuivi par une collaboration avec l'UNESCO en Mauritanie, et enfin par des relations régulières avec des architectes privés ou publics. C'est également dans ce contexte, que j'ai entrepris, dans le cadre de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales à Paris, un travail de recherche, en anthropologie sociale et anthropologie de l'architecture, en Mauritanie.

Je crois fortement, vous l'avez compris, à la complémentarité des actions et des expériences.

La photographie n'est pas et ne devrait jamais être, pour moi, une finalité et un acte accompli qui se suffit à lui-même, mais simplement un moyen, au même titre que l'écriture ou tout autre "art expressif", d'aller et de communiquer avec une personne, une ville ou un paysage. Ne voulant faire preuve de prosélytisme, je ne préfère m'appliquer ce principe qu'à moi-même et ainsi, y trouver un fil rouge qui guide mes images depuis quinze années maintenant.

Exposition photographique :
Architecture de lumière en terre d’Islam.

Les photographies présentées dans le cadre de cette exposition illustrent le commencement d’un travail autour de l’architecture vernaculaire dans le monde arabe.  C'est au cours de voyages en Afrique du nord que j'ai commencé à m'intéresser plus particulièrement à ces constructions domestiques, aux interactions entre habitants et habitats, et à nos propres considérations de ce « patrimoine mondial de l’humanité ». 

Après un premier volet au Maroc,  je suis parti en 2004 en Mauritanie pour continuer ce travail avec L'UNESCO, cet organisme menant à bien, avec la Banque Mondiale et le gouvernement, des chantiers de sauvegarde et de développement des 4 villes classées de Mauritanie que sont Tichitt, Oualata, Ouadane et Chinguetti ; cette collaboration avec l’UNESCO, a donné lieu à une exposition et un livre,  à l’occasion de la clôture de ces chantiers en 2005. Ce reportage s’est ensuite prolongé quelques mois plus tard par un troisième épisode au Mali.

Alchimie complexe de simplicité, de savants calculs et de légendes anciennes dont les origines ont été enfouies depuis longtemps par les sables sahariens, villes de sable, d'ombres et de lumières, architecture de contraste et trésors architecturaux qui témoignent de richesses et de splendeurs passées, ces lieux nourrissent notre imagination, avide de contrées exotiques et de contes de mille et une nuits. Cependant, face à nos tendances de plus en plus importantes de patrimonialisation, pouvons-nous garder à l’esprit l’image d’une architecture domestique en mouvement et de lieux peuplés par des habitants tiraillés entre les exigences et les pressions de sauvegarde et de conservation, la fabrique de produits touristiques et authentiques, et les besoins de confort moderne.